Dépôt de garantie bail commercial : montant, restitution et réforme 2026

Ce Ce qu’il faut savoir sur le dépôt de garantie dans le cadre d’un bail commercial.
depot de garantie

Le dépôt de garantie d’un bail commercial permet au bailleur de se protéger contre les impayés et les manquements du locataire. Est-il obligatoire ? Quel montant peut représenter un dépôt de garantie dans un bail commercial ? Quel est le délai de restitution ? Quelles sont les règles issues de la réforme de 2026 ? Voici ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que le dépôt de garantie dans un bail commercial ?

Le dépôt de garantie d’un bail commercial est une somme versée par le locataire lors de la signature du bail afin de garantir la bonne exécution de ses obligations locatives.

 

Il permet de couvrir les loyers impayés, les charges en souffrance, les réparations du bien loué, les dégradations imputables au locataire et certaines sommes prévues dans le contrat. 

Le dépôt de garantie est destiné à être restitué au locataire à la fin du bail, dès lors que celui-ci a correctement exécuté ses obligations. Dans certaines situations particulières, des intérêts au profit du locataire peuvent être prévus.

« Le dépôt de garantie est une somme d’argent versée par un locataire et destinée à couvrir le bailleur en cas de défaillance dans l’exécution du bail par le preneur. Cela peut être, par exemple, un défaut de paiement des loyers, des charges, ou des réparations locatives. Dans ces cas-là, le bailleur peut “puiser” dans le dépôt de garantie », explique Aline Divo, avocate associée chez CMS Francis Lefebvre.

 

Le dépôt de garantie est-il obligatoire ?

Non. Contrairement à certaines idées reçues, le dépôt de garantie n’est pas obligatoire dans un bail commercial. Aucune disposition du Code de commerce n’impose son versement.

Autrement dit, le bailleur et le locataire sont libres de prévoir un dépôt de garantie, d’en fixer le montant et d’en déterminer les conditions de restitution.

En pratique, la très grande majorité des baux commerciaux prévoient toutefois un dépôt de garantie afin de sécuriser le bailleur.

Quel est le montant d’un dépôt de garantie dans un bail commercial ?

Situation Montant habituel
Paiement mensuel du loyer 1 à 3 mois
Paiement trimestriel d’avance 3 mois
Activité présentant un risque locatif plus élevé Jusqu’à 6 mois avant la réforme
Baux concernés par la réforme 2026 Plafond de 3 mois

En principe, aucun texte n’impose un montant précis. Le montant est librement fixé par les parties dans le contrat. Le montant dépend notamment de la solidité financière du locataire, de la durée du bail, du secteur d’activité, de la valeur du local et des garanties complémentaires prévues.

« En matière de baux commerciaux, souvent le loyer est payé d’avance, trimestriellement. Dans cette hypothèse, il est généralement prévu un dépôt de garantie de 3 mois de loyer », indique Aline Divo. 

 

La réforme de 2026 modifie-t-elle le montant ?

Oui. Pour certains baux commerciaux conclus ou renouvelés depuis le 28 mai 2026, le montant cumulé du dépôt de garantie et des garanties demandées au locataire ne peut pas dépasser l’équivalent de 3 mois de loyer.

Cette limitation constitue l’une des principales nouveautés introduites par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026. Les baux conclus avant cette date restent, en principe, soumis aux règles applicables lors de leur conclusion.

Dépôt de garantie, caution et garantie bancaire : quelles différences ?

Ces notions sont souvent confondues alors qu’elles répondent à des mécanismes différents, résumés dans le tableau ci-dessous.

Garantie Qui la fournit ? Objet
Dépôt de garantie Le locataire Somme bloquée pendant le bail
Caution Une personne physique ou morale Garantie de paiement
Garantie bancaire autonome Une banque Engagement de payer à première demande

Quand le dépôt de garantie doit-il être restitué ?

Le dépôt de garantie a vocation à être restitué au locataire à la fin du bail commercial, dès lors que celui-ci a exécuté l’ensemble de ses obligations contractuelles et qu’aucune somme ne reste due en cours de bail.

La restitution intervient généralement après :

  • la libération effective des locaux
  • la remise des clés au bailleur ou à son représentant
  • l’établissement de l’état des lieux de sortie lorsqu’il est prévu
  • la vérification des loyers, des charges et des sommes éventuellement dues

Le bailleur ne peut conserver que les sommes correspondant à des créances certaines, liquides et exigibles. Il ne peut pas retenir le dépôt de garantie par simple précaution ou sans justification.

« Il y a toujours des sujets sur la restitution des locaux. Bien souvent, le bailleur souhaite conserver le dépôt de garantie compte tenu de l’état des locaux restitués tandis que le locataire considère que l’on doit le lui restituer intégralement », souligne Aline Divo.

 

Quel est le délai de restitution du dépôt de garantie ?

C’est l’une des principales évolutions introduites par la réforme de 2026.

Pour les contrats conclus avant la réforme

Aucun texte ne fixait un délai légal maximal. En pratique, le bail prévoyait généralement un délai de 1 à 3 mois après la restitution des clés.

En matière de baux commerciaux, il n’y a pas de délai maximum de restitution du dépôt de garantie. En pratique, un délai est souvent stipulé dans le contrat de bail.

Depuis la réforme de 2026

Pour les contrats concernés par la réforme, le bailleur doit restituer le dépôt dans un délai maximal de 3 mois à compter de la remise des clés.

Cette mesure sécurise davantage les locataires et limite les retenues abusives.

Dans quels cas le bailleur peut-il conserver le dépôt de garantie ?

Le bailleur ne peut conserver tout ou partie du dépôt que si cette retenue est justifiée. Les principaux cas sont :

  • loyers impayés
  • charges restant dues
  • taxes mises contractuellement à la charge du locataire
  • réparations locatives
  • dégradations anormales
  • frais de remise en état

Il lui appartient de démontrer le bien-fondé des sommes retenues. En pratique, il est conseillé de conserver les états des lieux, les devis, les factures, des photographies et un constat de commissaire de justice si nécessaire.

À noter : il est fortement conseillé de rédiger précisément, dans le contrat de bail, les cas dans lesquels le bailleur peut conserver le dépôt : dégradation du mobilier, travaux de mise en conformité du local… Cette rigueur permet d’éviter les litiges en fin de bail.

 

Le locataire peut-il utiliser le dépôt de garantie pour payer le dernier loyer ?

Non. Le dépôt de garantie ne remplace jamais le paiement des derniers loyers.

Le locataire reste tenu de régler l’intégralité des loyers jusqu’au dernier terme de loyer prévu par le contrat.

S’il décide de compenser unilatéralement le dépôt avec les dernières échéances, le bailleur peut engager une action en paiement et appliquer les pénalités éventuellement prévues au contrat.

Que devient le dépôt de garantie en cas de vente du local commercial ?

Lorsque l’immeuble est vendu pendant la durée du bail, la question de la restitution du dépôt de garantie peut se poser.

Avant la réforme de 2026, le dépôt constituait en principe une dette du bailleur ayant encaissé les fonds.

Depuis la réforme, pour les contrats concernés, le nouveau propriétaire devient débiteur de la restitution du dépôt de garantie en numéraire.

Cette évolution renforce la protection du locataire.

Que se passe-t-il en cas de cession du bail commercial ?

Lorsqu’un locataire cède son bail commercial, le traitement du dépôt de garantie doit être prévu dans l’acte de cession.

Selon les situations :

  • le dépôt est restitué au cédant
  • il est repris économiquement par le cessionnaire
  • un nouveau dépôt est constitué

Une rédaction précise de l’acte permet d’éviter les litiges entre les parties.

Quel est le délai pour agir en justice ?

L’action en restitution du dépôt de garantie est soumise à la prescription de droit commun de 5 ans prévue par l’article 2224 du Code civil.

Avant toute procédure judiciaire, une mise en demeure adressée au bailleur permet souvent de trouver une solution amiable.

Bonnes pratiques pour éviter les litiges

Pour le bailleur

  • prévoir une clause de dépôt de garantie précise
  • définir les sommes couvertes
  • conserver toutes les preuves des éventuelles dégradations
  • réaliser un état des lieux détaillé
  • restituer rapidement le dépôt lorsque les conditions sont réunies

Pour le locataire

  • vérifier le montant demandé avant la signature
  • conserver la preuve du paiement
  • réaliser un état des lieux d’entrée précis
  • effectuer les réparations locatives nécessaires
  • demander un état des lieux contradictoire de sortie

Questions fréquentes sur le dépôt de garantie bail commercial

Le dépôt de garantie est-il obligatoire dans un bail commercial ?

Non. Il résulte uniquement de l’accord des parties.

Quel est le montant d’un dépôt de garantie ?

Le plus souvent, il représente 3 mois de loyer lorsque le loyer est payé d’avance. Depuis la réforme de 2026, certains contrats sont soumis à un plafond légal de 3 mois.

Dans quels cas le bailleur peut-il conserver le dépôt de garantie d’un bail commercial ?

Le bailleur peut conserver tout ou partie du dépôt de garantie uniquement pour des sommes justifiées, telles que des loyers impayés, des charges restant dues ou certaines réparations.

Quel est le délai de restitution du dépôt de garantie bail commercial ?

Pour les contrats concernés par la réforme de 2026, le dépôt doit être restitué dans un délai maximal de 3 mois à compter de la remise des clés.

Le dépôt de garantie bail commercial constitue l’une des principales garanties dont dispose le bailleur pour sécuriser l’exécution du contrat de bail.

S’il reste largement régi par la liberté contractuelle, la réforme de 2026 est venue renforcer l’encadrement de certaines pratiques, notamment en plafonnant le montant du dépôt dans certains cas et en fixant un délai maximal de restitution.

Avant de signer un bail commercial, il est donc essentiel de vérifier attentivement les clauses relatives au dépôt de garantie, à son montant, à ses modalités de restitution ainsi qu’aux garanties complémentaires éventuellement exigées.